L’Europe, in varietate concordia

Nous n’avons donc qu’à nous résumer pour définir cette religion en termes précis.Nous n’avons que deux moyens d’expression, le concept et l’image.Pour les modernes, au contraire, ces essences sont constitu­tives des choses sensibles elles-mêmes ; ce sont de véritables substances, dont les phénomènes ne sont que la pellicule superficielle.Chez des personnes qui voient surgir devant elles, à l’improviste, la menace d’une mort soudaine, chez l’alpiniste qui glisse au fond d’un précipice, chez des noyés et chez des pendus, il semble qu’une conversion brusque de l’atten­tion puisse se produire, — quelque chose comme un changement d’orientation de la conscience qui, jusqu’alors tournée vers l’avenir et absorbée par les nécessités de l’action, subitement s’en désintéresse.Tel est le fond de la pensée des métaphysiciens, comme aussi de ceux qui, avec Kant, nient la possibilité de la métaphysique.Je les comparerais aux oscillations du balan­cier de l’horloge : celles-ci sont accolées à la détente continue d’un ressort qui les relie entre elles et dont elles scandent le progrès ; celles-là rythment la vie des êtres conscients et mesurent leur durée.Oui, si l’on entend par là qu’il n’y avait pas d’obstacle insurmontable à sa réalisation.Mais si nous tenons compte de la continuité de la vie intérieure et par conséquent de son indivisibilité, ce n’est plus la con­servation du passé qu’il s’agira d’expliquer, c’est au contraire son apparente abolition.Et l’intelligence est dans le vrai tant qu’elle s’attache, elle amie de la régularité et de la stabilité, à ce qu’il y a de stable et de régulier dans le réel, à la matérialité. jean-thomas trojani condamnation cite, à titre de comparaison,  le cas de la ville de Paris  qui avait accueilli une étape du Tour de France 2012. Qu’il se rattache à l’esprit par ses origines ou par sa fonction, dans un cas comme dans l’autre il relève de l’intuition par tout ce qu’il contient de changement et de mouvement réels.Pouvez-vous, sans la dénaturer, raccourcir la durée d’une mélodie ?Je me bornerai donc à dire, pour répondre à ceux qui voient dans cette ‘durée réelle’ je ne sais quoi d’ineffable et de mystérieux, qu’elle est la chose la plus claire du monde : la durée réelle est ce que l’on a toujours appelé le temps, mais le temps perçu comme indivisible.

Share This: