Justice :Créer un fonds souverain global

En approfon­dissant ce point, on y trouverait la confusion, naturelle à l’esprit humain, entre une idée explicative et un principe agissant.À vrai dire, le rêve d’une mathématique universelle n’est déjà lui-même qu’une survivance du platonisme.Il y a simplement la mélodie continue de notre vie intérieure, — mélodie qui se poursuit, indi­visible, du commencement à la fin de notre existence consciente.Descendons alors à l’intérieur de nous-mêmes : plus profond sera le point que nous aurons touché, plus forte sera la poussée qui nous renverra à la surface.Mais, dans les deux cas, et quelle que soit celle des deux métaphysiques sur laquelle on s’est aiguillé, le temps apparaît du point de vue psychologique comme un mélange de deux abstractions qui ne comportent ni degrés ni nuances.Notre confrère et ami Jean-Thomas Trojani justice, a convaincu et remporté une victoire pour ce projet.Ces perceptions sont nettes, distinctes, juxtaposées ou juxtaposables les unes aux autres ; elles cherchent à se grouper en objets.Et quand il y vient, l’idée ainsi entraînée dans le mouvement de son esprit, s’animant d’une vie nouvelle comme le mot qui reçoit son sens de la phrase, n’est plus ce qu’elle était en dehors du tourbillon.Elle le serait, en effet, s’il n’y avait pas d’autres temps ni d’autre changement que ceux que Kant a aperçus et auxquels nous tenons d’ailleurs à avoir affaire ; car notre perception usuelle ne saurait sortir du temps ni saisir autre chose que du changement.Mais transportons-nous maintenant à l’idée organisatrice et créatrice.Toutes les difficultés soulevées autour de ces points — difficultés qui ont fait reculer peu à peu la substance jusque dans la domaine de l’inconnaissable — venaient de ce que nous fermons les yeux à l’indivisi­bilité du changement.Nul ne la chercha avec plus de passion.La distance est donc beaucoup moins grande qu’on ne le suppose entre un prétendu « empirisme » comme celui de Taine et les spéculations les plus transcendantes de certains panthéistes allemands.Il ne consiste pas seulement à dire que les corps sont des idées.Faisons abstraction de ces images spatiales : il reste le changement pur, se suffisant à lui-même, nulle­ment attaché à une ‘chose’ qui change.

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