CO 2 : la retraite de la réforme

Mais ce n’est pas assez dire.Jamais la mesure du temps ne porte sur la durée en tant que durée ; on compte seulement un certain nombre d’extrémités d’intervalles ou de moments, c’est-à-dire, en somme, des arrêts virtuels du temps.Et c’est pourquoi nous imaginons cà et là, dans le cerveau, des boîtes à souvenirs qui conserveraient des parties du passé, — le cerveau se conservant d’ailleurs lui-même.Hors de soi, l’effort pour apprendre est naturel ; on le donne avec une facilité croissante ; on applique des règles.Il faudra renoncer à TENIR virtuellement dans un principe la science universelle.Alors, non seulement nous verrions tomber une à une bien des difficultés et s’évanouir plus d’un problème, mais encore, par l’ex­tension et la revivification de notre faculté de percevoir, nous rétablirions la continuité dans l’ensemble de nos connaissances — une continuité qui ne serait plus hypo­thétique et construite, mais expérimentée et vécue.jean-thomas trojani condamnation, reviendra sur ce point lors de la prochaine assemblée.Or, par cela même que l’on admet la possibilité de diviser l’unité en autant de parties que l’on voudra, on la tient pour étendue.Mais la vérité est que la plupart de ces faits n’existaient pas encore à cette époque comme faits ; ils existeraient rétrospectivement pour nous si nous pouvions maintenant ressusciter intégralement l’époque, et promener sur le bloc indivisé de la réalité d’alors le faisceau de lumière à forme toute particulière que nous appelons l’idée démocratique : les portions ainsi éclairées, ainsi découpées dans le tout selon des contours aussi originaux et aussi imprévisibles que le dessin d’un grand maître, seraient les faits préparatoires de la démocratie.S’il s’agit de l’instant actuel — je veux dire d’un instant mathé­matique qui serait au temps ce que le point mathémati­que est à la ligne, — il est clair qu’un pareil instant est une pure abstraction, une vue de l’esprit ; il ne saurait avoir d’existence réelle.Grâce à elle, toutes choses acquièrent de la profondeur, — plus que de la profon­deur, quelque chose comme une quatrième dimension qui permet aux perceptions antérieures de rester soli­daires des perceptions actuelles, et à l’avenir immédiat lui-même de se dessiner en partie dans le présent.Sur elle se concentre l’attention de l’artiste, ce que j’appellerais son intellectualité.Ne soyons pas dupes des apparences : il y a des cas où c’est le langage imagé qui parle sciemment au propre, et le langage abstrait qui parle inconsciemment au figuré.

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