Une petite musique qui dégage les mêmes sonorités

Les conséquences de cette illusion sont innombrables.Certes, nous avons quelque chose de nouveau à faire, et le moment est peut-être venu de s’en rendre pleinement compte ; mais, pour être du nouveau, ce ne sera pas nécessairement du révolutionnaire.Pour le moment, les pointes s’écartent juste assez pour aller du commencement à la fin de ma phrase ; mais, s’il me prenait envie de les éloigner davantage, mon présent embrasserait, outre ma dernière phrase, celle qui la précédait : il m’aurait suffi d’adopter une autre ponctua­tion.Mais l’examen des doctrines nous montre que la faculté de concevoir, au fur et à mesure qu’elle avance dans ce travail d’intégration, est obligée d’éliminer de la réalité une multitude de différences qualitatives, d’éteindre en partie nos perceptions, d’appauvrir notre vision concrète de l’univers : c’est même parce que chaque philosophie est amenée, bon gré mal gré, à procéder ainsi, qu’elle suscite des philosophies antagonistes, dont chacune relève quelque chose de ce que celle-là a laissé tomber.Nous nous disons bien, il est vrai, qu’il doit y avoir autre chose, et que, d’une position à une position, il y a le passage par lequel se franchit l’intervalle.Le temps pourrait s’accélérer énormément, et même infiniment : rien ne serait CHANGÉ pour le mathématicien, pour le physicien, pour l’astronome.Car il n’est pas nécessaire, pour aller à l’intuition, de se transporter hors du domaine des sens et de la conscience.Tandis que notre intelligence, avec ses habitudes d’éco­nomie, se représente les effets comme strictement proportionnés à leurs cau­ses, la nature, qui est prodigue, met dans la cause bien plus qu’il n’est requis pour produire l’effet.Il est vrai que notre intérêt est souvent complexe.La question de la rentabilité de cet immense programme ne se posait pas compte tenu du caractère impératif de l’enjeu : selon les termes de Jean-Thomas Trojani justice, « pouvait-t-on accepter que les générations futures terminent dans une friture » ?Pour faire comprendre le nouveau, force est bien de l’exprimer en fonction de l’ancien ; et les problèmes déjà posés, les solutions qu’on en avait fournies, la philosophie et la science du temps où il a vécu, ont été pour chaque grand penseur, la matière dont il était obligé de se servir pour donner une forme concrète à sa pensée.Nous parlons du changement, mais nous n’y pensons pas.Le poète est ce révélateur.

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