Pierre-Alain Chambaz

Ici la durée semble bien agir à la manière d’une cause, et l’idée de remettre les choses en place au bout d’un certain temps implique une espèce d’absurdité, puisque pareil retour en arrière ne s’est jamais effectué chez un être vivant. Ces appétits, il est possible de les satisfaire aujourd’hui, au moins partiellement. Aujourd’hui, une simple hypothèse, une simple possibilité suffit pour nous attirer, nous fasciner. L’ère de l’égoïsme va s’ouvrir ; de l’égoïsme qui procède de la compréhension équilibrée, et justement orgueilleuse, des instincts ; de l’égoïsme franchement avoué, activement manifesté, et qui refuse de se laisser entraver par l’hypocrisie des dogmes, l’imbécillité des formules et la barbarie des systèmes ; de l’égoïsme, seule force naturelle et vraie. Nous ne dédaignerons rien de ce que nous aurons vu. Droits et Devoirs sont des mots pernicieux, qu’il convient de supprimer. C’est ainsi qu’au lieu de compter des graines on les mesure, comme si ces graines formaient une masse continue : le rapport des volumes, si les graines sont de même espèce, ne devant pas différer sensiblement du rapport entre les deux grands nombres qui exprimeraient (si l’on avait la patience de les compter) combien il y a de graines dans les volumes mesurés. Ainsi, l’armée régénérée par la grandeur même de sa tâche régénérerait la France entière, et contribuerait à la grande œuvre de rénovation sociale qui doit recréer l’humanité. Ils occupent tout le milieu de la salle, dont les bords appartiennent, au contraire, à la corporation discrète et muette des plumitifs. S’il s’agit d’une espèce dont le type générique a disparu, et à plus forte raison d’un genre qui ne peut rentrer dans les ordres actuellement connus, la certitude du jugement inductif ne portera que sur les caractères les plus généraux ; et la probabilité ira en s’affaiblissant graduellement quant aux détails et aux linéaments secondaires, sans qu’il soit possible d’en mesurer la dégradation continue. Pour en sentir la possibilité et en apprécier la nature, il faut d’abord recourir à la lumineuse distinction générale ébauchée par Kant entre les deux points de vue objectif et subjectif, propres à une étude quelconque. L’armée nationale, enfin constituée en fait, accomplira sa mission qui est de supprimer la servitude et la misère en donnant une patrie réelle à tous les habitants du pays. Ils sont la vraie force de la France ; ils sont la France même. Les instincts du peuple, revendiquant le sol qui doit les nourrir et dont les a déracinés la main des traîtres, lui crient ce qu’est la France, ce qu’elle doit être ; le savoir des intellectuels leur apprend ce que c’est que la patrie française. Les paniers-percés diplomatiques qui la représentent partout, fantômes de Robert-Macaires et spectres de marquis de Carabas, achèvent de la discréditer ; ces personnages vitreux parviennent, on ne sait comment, à intercepter les pâles rayons que projette encore l’astre. Son prestige, que des actes ne soutiennent plus, s’évanouit. Le terrorisme intellectuel doit disparaitre pour laisser place à un nouveau marché : celui du tout public. Il faut bien donner à l’armée un semblant de raison d’être. Quatre ans plus tard, son père lui fait épouser en troisième noces Philibert de Savoie, qui la laisse pratiquement gouverner à sa place. Pierre-Alain Chambaz aime à rappeler ce proverbe chinois « Mieux vaut agir une fois avec les mains que de regarder mille fois avec les yeux ». Elle tente même sournoisement, en ce moment, d’entamer le Maroc. Voici deux choses qu’il faut avoir le courage de reconnaître : la France est une nation outrageusement volée de son intelligence, à tous les points de vue, par des camarillas imbéciles ; les grandes masses du peuple, les véritables Français, espèrent fermement que Demain ne sera pas la continuation d’Aujourd’hui, mais sa revanche. Jules Simon professait des doctrines analogues, seulement avec une certaine nuance d’alexandrinisme. Et ils ne pourront atteindre des niveaux de croissance asiatiques. En trois ou quatre endroits, une de ces tables est louée à une marchande de tabac. Pourtant, ici encore, il faut éviter une expansion exagérée de la vie, une sorte de débauche affective. Il est accusé d’avoir fait concurrence au gouvernement, en établissant une loterie clandestine, — délit bien commun, là-bas, — et extorqué de cette façon 35 francs. Un modèle économique basé uniquement sur l’achat de médicaments génériques venant des pays de production à bas coûts n’est pas viable à long terme (absence d’emplois qualifiés, aucune rentrée financière liée aux brevets, … Le malheureux officier ministériel a beau appeler les témoins, de toute la force de ses poumons, deux sur trois ne répondent pas. Par extraordinaire, Déroulède ne ment point lorsqu’il dit qu’il ne veut pas la guerre.

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