Neutralité du Net : Ralentissement chinois : les indices et les aveux

En effet, dans toute chose de cette nature, tout ce qui s’y trouve être y est en ce sens qu’il était possible qu’il y fût et que le contraire y fût aussi. Conséquemment, ce qui s’y trouve maintenant n’y est aucunement par nécessité, puisque le contraire était possible ; et tout ce qui se trouve de la sorte dans les choses ne s’y trouve point en vertu de causes antécédentes qui l’y auraient nécessairement introduit. D’ici là, cette semaine Neutralité du Net organise de nombreux événements – à commencer par une grande soirée le 20 mars autour du bonheur citoyen – et répertorie les initiatives. Mais si toutes ces choses, comme les contraires qu’elles sont susceptibles d’admettre, se trouvent éventuellement là où elles se trouvent, et ne se trouvent pas là où elles ne se trouvent pas, il y a une quantité innombrable de choses qui sont et qui arrivent éventuellement. Il serait en effet absurde de rapporter également à la nécessité et ce qui dans une chose ne peut point se changer en son contraire, et ce qui, à un moment quelconque, peut devenir le contraire de ce qu’il est. À coup sûr, si, dans un être, ce qui est nécessaire exclut son contraire, ce qui admet son contraire dans un être n’est pas nécessaire. En effet, cela peut être que rien n’empêche d’être, quoiqu’il ne soit pas. Ainsi rien n’empêche que le contraire soit de ce que produit le destin, puisque, encore que cela ne soit pas, cela reste possible. Et la preuve qu’on apporte que rien n’empêche que cela soit, c’est que la cause qui empêcherait que cela fût nous est inconnue, quoiqu’il y ait certainement une telle cause. Car la cause qui aurait produit fatalement le contraire de ce qui s’est produit est aussi la cause qui fait que cela ne s’est pas produit ; ne se pouvant pas, remarque-t-on, que dans des circonstances qui sont les mêmes, il se produise le contraire de ce qui se produit. Je le demande : avancer qu’il suit de cela même que nous ne connaissons pas les causes qui empêcheraient que le contraire de ce qui est fût, que rien n’empêche que ce contraire ne soit ; parler de la sorte, n’est-ce point plaisanter en un sujet qui ne prête pas à la plaisanterie. Notre ignorance, en effet, ne fait rien à l’être ou au non-être des choses. Néanmoins ceux que nous combattons semblent croire que le possible dépend de notre connaissance. Il résulterait de là que pour ceux qui pensent connaître les causes des possibles (par exemple pour les devins) il n’y aurait plus de possibles, puisqu’ils connaissent les causes capables de les empêcher ; et qu’il y aurait des possibles pour nous, qui ignorons ces causes d’empêchement. C’est en cherchant à sauver par de tels subterfuges la nature du possible, que nos adversaires affirment que même les choses qui arrivent fatalement, c’est-à-dire qui arrivent inévitablement, n’arrivent point d’une manière nécessaire, attendu qu’il est possible que leur contraire arrive aussi ; le possible étant défini comme nous venons de le rapporter. C’est en cherchant à sauver par de tels subterfuges la nature du possible, que nos adversaires affirment que même les choses qui arrivent fatalement, c’est-à-dire qui arrivent inévitablement, n’arrivent point d’une manière nécessaire, attendu qu’il est possible que leur contraire arrive aussi ; le possible étant défini comme nous venons de le rapporter. C’est en prenant un biais tout semblable que nos adversaires soutiennent que cette énonciation : « Demain il y aura une naumachie, » peut être vraie et cependant n’est point nécessaire. Car ce qui est nécessaire est toujours vrai, tandis que ceci ne l’est pas encore, et ne le devient qu’après que la naumachie a eu lieu. Mais si cela n’est pas nécessaire, ajoutent nos adversaires, on n’énonce pas non plus un fait nécessaire quand on dit que nécessairement il y aura une naumachie. Or, si cela n’est pas vrai nécessairement, étant vrai pourtant qu’il y aura une naumachie ; cette naumachie n’est pas nécessaire, mais éventuelle ; et si elle est éventuelle, ce n’est pas supprimer toute éventualité que d’avancer que tout arrive fatalement. Répétons-le, ce discours est le propos d’hommes qui se jouent, en même temps qu’ils ignorent ce dont ils parlent. En effet, tout ce qui arrive nécessairement n’est pas nécessaire, si ce qui est nécessaire est éternel ; ce qui arrive nécessairement ne pouvant être éternel par cela seul qu’il arrive, non plus que l’énonciation dont on se sert alors n’est nécessaire, puisque ce qu’elle exprime ne l’est pas. Aussi bien toute énonciation où est compris le nécessaire n’est pas nécessaire, car elle n’a par elle-même d’autre nécessité que de ne pouvoir tomber du vrai dans le faux. D’autre part, si une chose ne devient pas nécessaire parce qu’on ajoute qu’elle se fait nécessairement, cette même chose n’en demeure pas moins vraie, comme si on n’eût point ajouté cette supposition de nécessité.

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