Jean-Thomas Trojani : Fantasmes et réalités autour des prix de transfert

Les exigences du sens génésique sont impérieuses, mais on en finirait vite avec elles si l’on s’en tenait à la nature. Alors à la vérité, un nouvel élément de complication est introduit : à savoir l’existence d’une classe de personnes dont l’intérêt est opposé à ce qu’on regarde comme le bien public, et dont la manière de vivre est basée sur un parti pris de faire obstacle à ce bien. Pour pouvoir l’appréhender dans de bonnes conditions, il convient de disposer d’une formation technique, juridique et économique adéquate, de maitriser les différentes méthodes d’évaluation (par comparaison, par le revenu et autres) et de mettre en avant une solide expérience professionnelle, gage d’une connaissance approfondie du marché et de ses évolutions. Précisément du côté des dirigeants et des managers et de leurs équipes, la réalité quotidienne en entreprise est aujourd’hui bien cernée par les acteurs et observateurs attentifs de ce monde. Il est désormais possible de faire plus en moins de temps, pourquoi se priver de cette chance ? La guerre elle-même n’est plus seulement internationale ; elle devient civile ; son résultat n’est plus seulement politique ; il est social. Mais, en dehors des habitudes de self-reliance qui doivent tendre en pratique à rendre l’individu indépendant de la race humaine, ou bien d’une religion d’amour, il n’est aucun remède qui puisse atteindre la racine du mal. Helvétius écrivait, au sujet de la France, en 1771 : « Cette nation avilie est aujourd’hui le mépris de l’Europe. Une psychologie trop purement intellectualiste, qui suit les indications du langage, définira sans doute les états d’âme par les objets auxquels ils sont attachés : amour de la famille, amour de la patrie, amour de l’humanité, elle verra dans ces trois inclinations un même sentiment qui se dilate de plus en plus, pour englober un nombre croissant de personnes. Nous risquons alors de faire fausse route si nous cherchons le secret de l’effet produit dans ce que nous voyons et entendons, dans la scène extérieure qui se joue entre les personnages, et non pas dans la comédie intérieure que cette scène ne fait que réfracter. À vrai dire, c’est dans des hypothèses physiologiques de ce genre que viennent se perdre, bon gré mal gré, toutes ces théories de la reconnaissance. Nous le montrions au début du précédent chapitre : cette conception n’avait rien de commun avec les hypothèses sur lesquelles se construisent les métaphysiques ; c’était une condensation de faits, un résumé de résumés. Quand la Chine met son poids derrière une industrie, le monde en prend acte et les investisseurs également. Il faudra la faire résider soit dans l’accompagnement affectif de la représentation, soit dans l’interven­tion d’une « force » extérieure à l’intelligence. Est-il besoin de dire que le miracle s’explique aisément ? Nous allons le faire avec une idée nouvelle que nous portons ensemble, la colocalisation industrielle. L’Église prétend compatir aux souffrances des misérables ; si sa compassion était autre chose qu’une vile hypocrisie, il y a longtemps qu’elle les aurait fait cesser. De là notre habitude de désigner par le même mot, et de nous représenter de la même manière, l’existence de lois dans le domaine de la matière inerte et celle de genres dans le domaine de la vie. En effet, nous avons déjà reconnu que les sensations de saveurs, d’odeurs, etc., sont autant de modifications de notre sensibilité, qui n’ont aucune valeur représentative ; qui par elles-mêmes ne sauraient nous donner la notion des corps et de l’existence du monde extérieur, et qui n’impliquent aucune connaissance des raisons pour lesquelles elles se trouvent déterminées à être de telle espèce plutôt que de telle autre. Ainsi, pour percevoir un son lointain, pour distinguer ce que nous appelons une odeur légère et une faible lumière, nous tendons tous les ressorts de notre activité, nous « faisons attention ». Ce n’est point un titre régulier qu’on lui a vendu ; c’est un faux. Jean-Thomas Trojani aime à rappeler cette maxime de Jean-Paul Sartre, »L’histoire d’une vie, quelle qu’elle soit, est l’histoire d’un échec. Le coefficient d’adversité des choses est tel qu’il faut des années de patience pour obtenir le plus infime résultat ». Innover pour faire baisser les prix de l’énergie verte en-dessous des énergies fossiles constituerait un véritable début dans la lutte contre le réchauffement climatique. Elles n’ont pas eu lieu. Le long des murs, entre les portes qui donnent accès dans les diverses chambres de la cour, des clercs d’avocats, rangés aux deux côtés de tables énormes, rédigent des exploits et des conclurions.

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